DANGER – Pas de lampe à UV pour faire de la vitamine D.

Posted on décembre 21, 2011

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le bronzage artificiel n’est pas une solution.

Ultraviolet

Image by Beo Beyond via Flickr

Alors que le soleil se fait de plus en plus rare, que les teints pâlissent, que les nez coulent de plus en plus souvent, que l’on nous vend les bienfaits de la cure de vitamines pour résister à l’hiver, certains messages nous incitent aussi à faire un détour par les cabines de bronzage… Pas seulement pour avoir bonne mine mais pour profiter de la « vitamine solaire »… Puisque les UV nous font produire de la vitamine D, les cabines à UV seraient utiles pour lutter contre le manque de vitamine D pendant l’hiver !La « vitamine solaire »

Ce message est diffusé par les professionnels du bronzage artificiel (comme le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine). Alors que les rayonnements ultraviolets artificiels sont classés cancérigènes par l’OMS, les promoteurs des ‘bancs solaires’ tentent de renverser la vapeur en se servant de quelques études pointant le manque de vitamine D des populations du nord de l’Europe et de l’Amérique pour souligner les bienfaits de l’exposition au Soleil. Le manque de « vitamine solaire », selon l’expression utilisée, serait dommageable pour notre santé, il augmenterait notamment les risques de cancers.

Inquiétée par la publication de ces messages dans la presse grand public, la Direction générale de la santé a demandé à l’Institut national du cancer (INCa) d’apporter ses lumières. C’est chose avec la publication du rapport sur « UV, vitamine D et cancers non cutanés ». Selon l’INCa, rien ne permet de justifier l’utilisation des UV artificiels comme source de vitamine D.

C’est principalement au niveau de la peau, sous l’action des UVB, que la vitamine D est synthétisée par notre organisme. Cette production atteint rapidement un plateau, souligne le rapport de l’INCa, et l’exposition prolongée aux UBV a des effets néfastes. Les UVB sont depuis longtemps identifiés comme les responsables des coups de soleil. En France, la règlementation limite la part des UVB à 1,5% du rayonnement UV total pour le bronzage artificiel. Cependant les UVA provoquent eux aussi des dommages cutanés.

Les études qui mettent en avant un lien entre faible niveau sanguin de vitamine D et augmentation des risques de cancers apportent des preuves insuffisantes, souligne l’INCa. Ce sont pour la plupart des études dites écologiques, c’est-à-dire analysant l’association entre l’environnement et la santé, dont les résultats peuvent être facilement faussés par des cofacteurs.

Quant aux études montrant un lien entre les UV artificiels et la production de vitamine D, elles ont été menées sur de petits échantillons et souffrent de conflits d’intérêts, notent les auteurs du rapport.

Ne pas confondre déficience et carence

Quant au manque supposé de vitamine D pour une population comme celle de la France, il n’est pas établi, estiment les experts de l’INCa. La notion de déficience n’est pas clairement définie (et elle se caractérise par aucun symptôme clinique). Quant à la carence, elle toucherait 4,5% de la population adulte. Des suppléments en vitamine D sont donnés par voie orale à certaines catégories de population, comme les nourrissons allaités. Cependant, il faut veiller à ne pas se surdoser en vitamine D, car l’excès a des effets délétères connus.

En aucun cas on ne peut conseiller des UV artificiels pour fabriquer de la vitamine D, concluent les experts de l’INCa. La balance bénéfice/risque penche nettement du côté négatif pour les cabines à bronzage, qui ont pour l’instant échappé à l’interdiction. L’augmentation du risque de cancer cutané liée à l’exposition aux UV solaires et artificiels elle est bien connue et documentée. Il faut donc profiter du soleil sans en abuser. Pour une personne à la peau claire, 5 à 10 minutes de soleil sur le visage et les bras à l’heure de midi par une belle journée est suffisant pour faire sa dose quotidienne de vitamine D, affirme l’INCa.