Pourquoi les banques détournent les Français de l’assurance-vie !

Posted on novembre 30, 2011

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English: Headquarters of Crédit Mutuel bank in...

Image via Wikipedia

Les banques françaises préfèrent désormais que leurs clients investissent dans leurs livrets d’épargne « maison » pour faire gonfler leurs fonds propres et satisfaire ainsi plus facilement aux exigences de Bâle III.

Si vous demandez à un banquier son avis sur l’assurance vie. Il haussera sans doute les épaules d’un air fataliste et vous dira : « Ce n’est plus un placement aussi intéressant qu’avant. » Et, pour l’illustrer, il vous parlera de la baisse des rendements. Et pour baisser, ils baissent ! En quatre ans, le contrat Ebène, de la Société générale, est ainsi passé de 4,2% à 3,20% ; Initiatives Transmission, de la Caisse d’épargne, de 4 à 2,90% et Poste Avenir, de LBP, de 3,85% à 2,85%.

Les établissements proposent en effet depuis des mois des livrets d’épargne, qui attirent les épargnants à grand renfort de publicité. « 5,5% de rendement brut annuel » annonce ainsi la banque en ligne Monabanq (filiale du Crédit Mutuel et des 3 Suisses)… mais pendant trois mois seulement, car ensuite, la rémunération tombe à 2% brut. Et ça marche !

L’encours de dépôts à vue a progressé de 5% entre juillet 2010 et juillet 2011 pour atteindre 557,7 milliards d’euros. Mais l’encours des livrets fiscalisés, lui, a carrément bondi de 14% sur la même période !

Le but est bien sur d’attirer de nouveaux clients, au besoin en prenant les gogos à la concurrence. Mais c’est aussi de renforcer leur solidité financière. Car, l’assurance vie n’est pas un produit « bilanciel« . Autrement dit, elle n’est pas comptabilisée comme faisant partie des fonds propres des banques, ces dernières se contentant de gérer ces fonds pour le compte de leurs clients.

Les sommes placées sur les comptes sur livrets, les comptes à terme et tous les placements du même genre apparaissent, au contraire, au bilan des banques et contribuent donc à renforcent leurs fonds propres. Or, depuis la mis en place de la norme Bâle III, un bilan important permet d’éviter d’avoir à procéder à des augmentations de capital.

L’épargnant, lui, est le dindon de la farce, et ne s’est encore rendu compte de rien. Pourtant, les banquiers ne se cachent même plus, comme le confirme Philippe Brassac, secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit Agricole : « Ce que nous souhaitons, c’est rendre l’épargne bilancielle plus attractive. Et quelques pourcents pris sur l’assurance-vie ou les OPCVM monétaires nous suffiront largement« . La bataille de l’épargne « bilancielle » a déjà fait sa première victime : l’assurance vie…