Le pétrole libyen, un marché de dupe ? Le pire est à venir…

Posted on septembre 2, 2011

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la communauté internationale rassemblée, malgré les incertitudes sur l’avenir

Soixante pays étaient réunis hier à Paris à l’initiative de David Cameron et de Nicolas Sarkozy pour lancer la transition en Libye. Tous se sont engagés à dégeler les avoirs libyens. Le président français évoque un dégel « immédiat » de 15 milliards de dollars.

Le pire est à venir », confiait il y a quelques jours un diplomate occidental à propos de la Libye. La réussite de la transition politique est « fondamentale », insistait-on hier à l’Elysée, où le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron recevaient soixante trois délégations pour la conférence internationale sur la Libye nouvelle, quarante-deux ans jour pour jour après l’arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi.

Derrière ce rassemblement de façade fleurissent néanmoins une série d’incertitudes qui hypothèquent l’avenir.

Rien n’est encore joué, le pire est à venir

L’enjeu économique, d’abord. Le démenti, hier, du CNT sur le fait que la France se verrait octroyer 35 % des contrats pétroliers de la future Libye comme l’affirmait « Libération » montre que la bataille économique ne fait que commencer. Ce chiffre, publié le 9 avril par le journal proche du CNT « Libya Alyawm » (« Les Echos » du 22 août), était devenu incertain depuis le limogeage du bureau exécutif du CNT et des tensions au sein de l’organe politique de la rébellion, entre une aile « islamiste » montante moins favorable à la France et l’aile « laïque ». « Je ne suis pas au courant [des 35 %] », a indiqué le PDG de Total Christophe de Margerie après que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré, sur RTL, « ne pas avoir [eu] connaissance d’une lettre » qui attesterait de ce chiffre de35 %.

L’enjeu financier du déblocage des avoirs n’est pas non plus réglé. « Il y a eu une demande unanime de levée du gel des avoirs. Tous, nous nous sommes engagés à débloquer l’argent de la Libye d’hier pour financer le développement de la Libye d’aujourd’hui », a annoncé Nicolas Sarkozy. Une commission d’experts internationaux sera chargée d’aider la Libye à « utiliser au mieux » ces fonds, a-t-il dit, en précisant qu’une quinzaine de milliards de dollars d’avoirs avaient été dégelés. En coulisse, la France avoue pourtant souhaiter, comme d’autres, attendre le plus tard possible avant de proposer une résolution au Conseil de sécurité qui débloquerait l’ensemble des avoirs. A cette occasion, les BRICS demanderaient un arrêt des opérations militaires, dont la France et d’autres pays occidentaux ne veulent pas entendre parler tant que la guerre n’est pas finie. La levée des sanctions européennes contre certaines entités économiques, annoncée hier, ne suffira pas à relancer l’économie du pays.

L’enjeu politique de la transition est considérable. La feuille de route du CNT proposée mi-août prévoit des élections d’ici huit mois. Ce qui s’annonce très délicat en un temps aussi court.

L’enjeu militaire, enfin, n’est pas le moindre. Le contrôle des armes en circulation et la formation de l’armée libyenne sont d’autres problèmes de taille inscrits à l’agenda des autorités libyennes.