Affaire DSK – Cyrus Vance décide un abandon des charges

Posted on août 22, 2011

0




L’entretien avec Nafissatou Diallo n’a duré que quelques minutes.

Cyrus Vance décide un « non lieu », un abandon pur et simple des charges contre Dominique Strauss-Kahn suite aux mensonges répétés de Nafissatou et le fait que cette dernière a caché des rapports sexuels la veille de sa soi-disant tentative de viol par DSK… Ce qui fausse le résultat du rapport médical. Kenneth Thompson évoque par des propos très durs envers le procureur un « déni de justice ».

DSK connaitra le sort qui lui est réservé au pénal et qui lui sera signifié à l’audience prévue de demain mardi 23 Août suivant la décision du juge de Manhattan.

Une autre affaire se précise en revanche en partie civile mais aussi l’incertitude de l’affaire Tristane Banon qui plane encore comme l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

Alors que DSK doit comparaître demain à New York devant le juge pour connaître la décision du procureur Cyrus Vance au sujet de la plainte déposée par Nafissatou Diallo pour agression sexuelle et viol, l’un des avocats de celle-ci sera au même moment à Paris, à l’hôtel Royal Monceau, pour tenir une conférence de presse.

Douglas Wigdor, qui gère en duo avec Kenneth Thompson le dossier de l’accusation dans l’affaire DSK, sera accompagné face aux journalistes de Thibault de Montbrial, l’avocat français sollicité pour recueillir les témoignages d’éventuelles victimes de l’ancien ministre socialiste dans l’Hexagone.

Cette conférence de presse n’aurait rien à voir avec la probabilité de l’abandon des poursuites qui se profile pour l’audience de demain, elle était prévue de longue date selon le cabinet Thompson Wigdor & Gilly.

Dimanche soir, suite à l’annonce de la convocation de Nafissatou Diallo pour ce lundi, Douglas Wigdor confiait ses doutes au Parisien : « Nous espérons encore que le procureur s’appuiera sur les preuves montrant que Mme Diallo a été victime d’une agression sexuelle, mais nous ne sommes pas confiants. » Demain, les journalistes français ne manqueront pas de lui demander son point de vue quant à la plainte déposée en France contre DSK par Tristane Banon. Le 6 juillet dernier, la jeune femme de 32 ans a en effet déposé plainte contre l’ex-patron du FMI pour tentative de viol. Une enquête préliminaire a été ouverte, et de nombreux témoins (journalistes et politiques) ont déjà été entendus.

Il est « plus grave de condamner un innocent que de libérer un coupable »
Ce sont les mots employés par le procureur dans son rapport. Dans un paragraphe au ton très pédagogue, il explique que le droit américain ne peut résolument permettre la suite des poursuites, lorsque les preuves sont insuffisantes et l’accusation a trahi la confiance du jury avant même qu’il ne se soit réuni. Mme Diallo mentant sous serment, les doutes sont permis. C’est pourtant un présumé coupable que la justice américaine a libéré mardi 23 août, mais le procès ne peut avoir lieu, de risque de condamner un innocent.
Il résume ainsi : « notre grave souci sur la crédibilité de la plaignante rend impossible de savoir se qui s’est passé dans la suite de l’hôtel le 14 mai et empêche donc toute poursuite dans cette affaire ». Du point de vue de la justice pénale américaine, l’affaire est classée.

Brafman, sûr de lui, ouvre d’autres portes

Dans un entretien accordé au Parisien Benjamin Brafman, avocat américain de DSK, a assuré qu’ : « il faut qu’une chose soit claire pour les Français : DSK n’a aucune intention et n’a jamais eu aucune intention de lui donner de l’argent ». Une façon de marteler que son client est bien « innocent » et n’a jamais proposé d’argent à la femme de chambre, ni en échange de faveurs, ni pour la convaincre d’abandonner les poursuites. Pour lui, Nafissatou Diallo « n’a pas subi de préjudice » et la procédure civile va « s’effronder comme la procédure pénale ». Il ajoute : « si la parole de cette femme n’a pas été jugée crédible une fois, elle ne le sera pas une seconde fois ».
Par ailleurs, il a ajouté avoir « certains faits à éclaircir » au sujet d’un éventuel complot contre Strauss-Kahn. « Nous nous posons des questions, notamment sur un plan international, et nous n’avons pas de réponse. Nous envisageons peut-être de continuer les investigations sur ces points qui nous semblent obscurs ». Affaire à suivre…

L’avocat français de Nafissatou Diallo est amer
Thibaut de Montbrial, chargé de poursuivre l’affaire Diallo-DSK en France, a déclaré à France 24 qu’il était « stupéfait » par le traitement juridique de l’affaire. « Cela nous apprend qu’un procès pénal aux Etats-Unis est d’abord une prise de risque. Quand le parquet (l’équipe de Cyrus Vance, ndlr) pense que ses chances de victoire sont diminuées, y compris pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les faits, à ce moment-là le parquet ne prend pas le risque. La vérité c’est que le parquet n’a pas osé aller jusqu’au procès. On ne peut pas dire que Strauss Kahn soit blanchi ».