Le juge convoque le Premier ministre malais au procès d’Anwar pour sodomie

Posted on août 8, 2011

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Malaysian Deputy Prime Minister Anwar bin Ibra...

Image via Wikipedia

Un juge malaisien a ordonné lundi au Premier ministre Najib Razak et à d’autres témoins clé de se soumettre à des interrogatoires menés par les avocats du chef de l’opposition Anwar Ibrahim, jugé depuis plusieurs mois pour sodomie.

M. Anwar est jugé depuis début 2010 après avoir été accusé par un ex-collaborateur, Mohamad Saiful Bukhari Azlan, 25 ans, de relations sexuelles forcées en 2008.

Il devait comparaitre lundi, mais le juge Zabidin Mohamed Diah a repoussé cette comparution au 15 août après avoir accepté une requête de la défense qui veut interroger des témoins, dont le Premier ministre en exercice.

La décision du juge est une « surprise », a déclaré l’accusé. « Jusqu’à présent, les Premier ministres pouvaient porter des accusations calomnieuses contre les gens mais n’avaient pas le courage d’être interrogés et de comparaitre devant la Cour. Nous verrons bien. C’est un ordre de la justice », a ajouté Anwar Ibrahim devant les journalistes, au tribunal.

L’accusateur Mohamad Saiful Bukhari Azla avait reconnu avoir rencontré le Premier ministre avant de déposer plainte, preuve selon la défense que l’affaire avait été fabriquée de toutes pièces et avait un arrière-plan politique.

Anwar Ibrahim, ex-vice-Premier ministre, marié et père de six enfants, est passible d’une peine de 20 ans de prison s’il est reconnu coupable de sodomie qui est considérée comme un crime en Malaisie, où l’islam est la religion majoritaire.

M. Anwar, qui aura 64 ans mercredi, a déjà passé six ans derrière les barreaux pour le même motif et pour corruption avant que le jugement ne soit cassé en 2004.

Début juillet, une manifestation non autorisée de l’opposition, événement rare dans ce pays, avait rassemblé des milliers de personnes réclamant des réformes électorales, dans les rues de Kuala Lumpur.

La police avait utilisé à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes et arrêté 1.600 personnes, toutes relâchées quelques heures plus tard. Un manifestant était mort d’insuffisance respiratoire.