L’euro – Chute vertigineuse face au dollar

Posted on juillet 21, 2011

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L’euro effaçait ses gains et reculait fortement face au dollar jeudi, après des déclarations du chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, qui n’a pas exclu un possible défaut de paiement de la Grèce. Vers 9 h 30 GMT (11 h 30 à Paris), la monnaie unique européenne valait 1,4147 dollar, contre 1,4212 dollar mercredi vers 21 heures GMT. Il était monté jusqu’à 1,4295 dollar vers 7 heures GMT, à son plus haut niveau depuis 10 jours, avant de rapidement perdre du terrain. L’euro se repliait également nettement face à la devise nippone à 111,59 yens, contre 111,94 yens la veille.

Jean-Claude Juncker, qui est aussi Premier ministre du Luxembourg, n’a pas exclu la possibilité d’un défaut de paiement partiel de la Grèce, à son arrivée à un sommet des dirigeants de la zone euro à Bruxelles – une réunion extraordinaire destinée à mettre sur pied un deuxième plan d’aide à Athènes. « On ne peut jamais exclure une telle possibilité, mais tout devrait être fait pour l’éviter », a-t-il souligné.

La dette grecque

La zone euro envisage, dans le projet d’accord du sommet de Bruxelles, de réduire le montant de la dette grecque, mais les solutions sur la table risquent d’être interprétées comme un défaut de paiement de la Grèce, a confirmé un diplomate européen. Or, les investisseurs redoutent qu’un défaut de paiement de la Grèce ne déstabilise le système bancaire de la zone euro et ne favorise la contagion à d’autres pays fragiles de la région, comme l’Italie ou l’Espagne.

Jean-Claude Juncker a par ailleurs estimé qu’un accord quant à une taxe sur les banques européennes pour aider à financer un nouveau programme d’aide à Athènes serait difficile. « Je ne pense pas qu’il y aura un accord », a-t-il indiqué. Ses déclarations ont fait chuter la monnaie unique européenne, qui grimpait jusque-là, soutenue par l’annonce mercredi soir d’un compromis entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, qui servira de base aux négociations mais dont le contenu n’a pas été précisé

Les dirigeants des pays de la zone euro s’orientent jeudi, lors de leur sommet crucial, vers une solution permettant de réduire la dette de la Grèce (d’environ 350 milliards d’euros au total), mais n’excluant plus un défaut de paiement d’Athènes, qui serait une première dans l’Union monétaire. L’ampleur de la baisse n’est pas encore fixée et doit être discutée avec les banques créancières. Problème : « Il y a des solutions qui peuvent être interprétées comme un défaut de paiement par les agences de notation », a souligné ce diplomate proche des négociations, alors que ce scénario devait être il y a encore quelques semaines évité à tout prix.

La Banque centrale européenne a menacé jusqu’ici, en cas de défaut de paiement de la Grèce, de ne plus accepter les titres de la dette publique grecque comme garantie pour prêter de l’argent aux banques européennes, grecques en particulier. Ceci contraindrait les gouvernements à renflouer eux-mêmes le système bancaire en Grèce et ailleurs dans l’Union monétaire. Et le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a appelé jeudi à « tout faire » pour éviter un tel défaut de la Grèce.

Un accord unanime s’impose

Le texte qui a été posé sur la table des discussions jeudi matin, après un compromis franco-allemand trouvé dans la nuit à Berlin, « devrait réunir l’accord des partenaires sur la quasi-totalité des points », a ajouté le diplomate. Après des semaines de tergiversations, le couple franco-allemand a débloqué la situation en se mettant d’accord sur les moyens d’aider la Grèce, au terme de sept heures de discussions.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy comptent désormais présenter leurs propositions lors du sommet extraordinaire qui ouvre ses portes à 13 heures (11 heures GMT) à Bruxelles. Il a pour objectif de décider d’un deuxième programme de sauvetage pour éviter la faillite de la Grèce et ainsi éviter la contagion de la crise de la dette à des pays comme l’Italie ou l’Espagne. L’accord franco-allemand est « un préalable ». Ce ne sera pas suffisant : « Aujourd’hui, il faut encore convaincre nos partenaires et travailler ensemble », a déclaré la porte-parole du gouvernement français, Valérie Pécresse.

Créanciers privés

Si peu de choses ont filtré sur le contenu des discussions, parmi les idées sur la table pour réduire la dette grecque figurent un rachat d’une partie de l’endettement et un échange d’obligations pour les créanciers privés. L’introduction d’une taxe bancaire pour aider la Grèce, un temps envisagée notamment par la France, est à présent écartée, a indiqué Jean-Claude Juncker. Nicolas Sarkozy avait pris l’initiative de se rendre à Berlin mercredi afin de se mettre d’accord avec l’Allemagne, dont l’exigence de voir les banques impliquées dans le second plan d’aide à la Grèce bloquait les négociations.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris part mercredi soir aux discussions. Mais la délégation française n’a parlé ensuite que d’un accord franco-allemand, ce qui pourrait signifier que le compromis n’est pas forcément du goût de l’institut monétaire. Angela Merkel s’est bornée à dire à son arrivée jeudi à Bruxelles que Paris et Berlin « (avaient) écouté les arguments » de la BCE. « Aucun plan, aussi audacieux soit-il, n’est capable de satisfaire simultanément chacune des parties en présence » et chacun des acteurs ou observateurs extérieurs de ce sommet », notamment les marchés, a estimé Bruno Cavalier, économiste de la maison de courtage Oddo.

Outre les chefs d’État des 17 pays de l’Union monétaire, plusieurs dirigeants de grandes banques européennes vont participer au sommet, ce qui laisse supposer qu’elles s’associeront bien au second plan d’aide à la Grèce qui devrait atteindre un montant similaire au premier décidé en urgence en mai 2010 (110 milliards d’euros).

Source AFP