DSK – Le vrai portrait de Nafissatou Diallo cette femme aux deux visages.

Posted on juillet 1, 2011

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Rebondissement dans l’affaire DSK: l’accusation menace de s’effondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times.

Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l’avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu’il occupait. Les collaborateurs du procureur, d’abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd’hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu’il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l’affaire mais aucun indice ne confirme le viol. Mais l’accusation pourrait s’effondrer en raison des mensonges répétés qu’aurait fait Nafissatou Diallo.

Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C’est le surnom qu’on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.

Des mouvements d’argent troublants
Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l’asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu’elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l’éventuel parti financier à tirer d’une plainte contre DSK. Cet homme avait été arrêté pour détention d’une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d’importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme.

Des transferts d’argent effectués depuis l’Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvanie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n’avoir qu’un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu’elle décrit comme son fiancé et ses amis. C’est une confusion totale très bien entretenue.

D’autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d’un viol, qu’elle aurait mentionné lors de sa demande d’asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l’immigration n’en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu’elle a fait à l’immigration.

«C’est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Il convient de se méfier désormais sur la véracité des déclarations de la soit disant victime.

Qui n’a jamais menti?
Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. A titre d’exemple, la députée néerlandaise d’origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d’une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu’elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n’a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d’où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu’elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s’est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d’asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l’islam et l’excision n’avait retrouvé son passeport néerlandais qu’après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.

Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l’un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s’est ainsi vu dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l’aider.