Comment le procureur a-t-il pu s’acharner aussi longtemps sur DSK ?

Posted on juillet 1, 2011

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Dominique Strauss-Kahn (French socialist polit...

Image via Wikipedia

Si le New York Times dit vrai, comment le procureur a-t-il pu bâtir un dossier d’accusation avec des trous aussi énormes avec autant de légèreté, en attendant aussi longtemps ?

Absolument « Sidérant ». Ce mot était revenu encore et encore après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Il est encore plus justifié aujourd’hui, 1er juillet, à quelques heures d’une audience qui a toutes les chances de le voir quitter le tribunal en homme libre.

Selon une source, il pourra voyager à sa guise sur le territoire américain, pas à l’étranger. Mais c’est toute l’accusation qui risque d’être rapidement réduite à néant, peut-être dès ce vendredi.

Il est sidérant, le mot est faible, qu’un procureur ait bâti un dossier d’accusation avec des trous aussi énormes et se soit acharné aussi longtemps. Selon le New York Times, Nafissatou a eu une conversation téléphonique – sur écoutes – avec un dealer de drogue incarcéré, discutant les bénéfices possibles d’un procès. Cet homme, à son tour, faisait partie d’un groupe ayant versé 100.000 dollars, ces dernières années, sur des comptes au nom de la victime présumée.

Peu connue de la communauté guinéenne

Il est possible, bien sûr, que les procureurs n’aient pas découvert immédiatement cette conversation. D’après le New York Times, les découvertes qu’ils doivent annoncer ont devancé celles de la défense (mais le Daily News cite une source selon laquelle les avocats de DSK « savaient depuis le deuxième ou troisième jour que [Nafitassou] n’était pas ce qu’elle prétendait être »). Le New York Times, tout récemment, avait mis trois journalistes sur le passé de la femme sans rien dénicher de nouveau.

On a bien du mal à imaginer que les doutes de l’accusation ne soient pas apparus dès les premiers jours de leur enquête. Depuis le début de l’affaire, il y a eu un mystère Nafissatou Diallo. La communauté guinéenne de New York ne la connaissait pas ou très peu, personne ne pouvait dire exactement quand ni pourquoi elle avait obtenu l’asile politique aux Etats-Unis.

Ce sont des éléments qui ont dû pouvoir être vérifiés dès les premiers jours. Il faudra donc que Cyrus Vance, le District Attorney, explique aux New-Yorkais et au reste du monde comment il a laissé passer un mois et demi – un mois et demi d’enfer judiciaire pour Dominique Strauss-Kahn – avant d’avouer tout penaud, comme ses procureurs le feront probablement ce vendredi devant le juge Michael Obus, que la victime n’était pas cette pauvre femme quasi analphabète, au passé irréprochable, qu’ils n’ont cessé de décrire.

A coup sûr Cyrus Vance, le District Attorney sera dorénavant la risée du monde judiciaire après cette affaire qui marquera sans doute l’arrêt de ses ambitions.