Vives inquiétudes sur l’impact réel de Fukushima en France

Posted on mai 26, 2011

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Comme il fallait s’en douter, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité conteste l’évaluation officielle du passage en France du nuage radioactif. Comme toujours la polémique prends forme après coup!

Quand le nuage radioactif provenant de Fukushima a-t-il touché la France ? Et quel a été le niveau de contamination ? La Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) conteste l’évaluation officielle, réalisée par l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) des conséquences sur le territoire de l’accident nucléaire japonais du 11 mars.

Pour l’ISRN, qui se base sur des mesures effectuées par sa station installée au sommet du Puy-de-Dôme, l’arrivée d’une « masse d’air faiblement contaminée » a « probablement » eu lieu au cours de la journée du 24 mars.

La Criirad avance, elle, dans un communiqué, que « la France a été contaminée dès le 22 mars », soit « deux jours avant la date indiquée » par l’IRSN. Les masses d’air contaminées « ont affecté les trois quarts de la France », et non pas « le seul sommet du Puy-de-Dôme », souligne aussi la Criirad.

« L’activité de l’iode 131 particulaire était plus de 20 fois supérieure à celle annoncée pour le 24 mars », ajoute-t-elle.

La Criirad a réalisé une cartographie a réalisée à partir des « chiffres de l’IRSN et de certains exploitants ».

Une lettre à François Fillon

Dans une lettre adressée au Premier ministre François Fillon et au président de l’IRSN, l’association dénonce de « graves dysfonctionnements » et demande au gouvernement des précisions sur « l’enchaînement des faits et des décisions ».

Les constats de la Criirad concernent « en tout premier lieu » le travail de l’IRSN « mais il est possible que la responsabilité des grands exploitants du nucléaire (…) soit également engagée », ajoute l’association, qui cite EDF, Areva et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

« Pas d’enjeu sanitaire majeur »

« On ne comprend pas », s’indigne Corinne Castanier, directrice de la Criirad, interrogée par Le Nouvel Observateur, « car il n’y a pas d’enjeu sanitaire majeur » .

« Soit c’est une omission, soit il s’agit d’une négligence invraisemblable. »

Selon elle, « les scientifiques se sont fait piéger par la modélisation par Météo France de la dispersion des rejets, par la théorie. Cela voudrait dire qu’ils ont ensuite choisi de mentir à la population pour préserver leur crédibilité. »

« Nous demandons une enquête. Nous voulons voir si la page de Tchernobyl est tournée ».

L’IRSN dénonce « une volonté de nuire »

Didier Champion, directeur de l’environnement et de l’intervention de l’IRSN, voit dans la démarche de la Criirad « une volonté de nuire ».

« La Criirad n’a produit aucun résultat par elle-même », dénonce-t-il. Didier Champion estime que l’interprétation des prélèvements qu’elle propose est « totalement erronée ». « On est sur un phénomène global. Les prélèvements dans l’air ont débuté le 22 mars. Ils montrent une augmentation progressive de la contamination ». Quant à la carte établie par la Criirad (voir-ci dessous), elle est « un non-sens », juge-t-il.

Source: Le Nouvel Observateur