JAPON – LES PREMIERES IMAGES IMPRESSIONANTES EN ZONE CONTAMINEE

Posted on avril 13, 2011

0




Dimanche 10 avril. Grâce aux images enregistrées le 3 avril par le journaliste Tetsuo Jimbo, qui s’est rendu dans la zone contaminée (jusqu’à 1,5 km de la centrale de Fukushima), la région d’abord frappée par le séisme puis le tsunami, ensuite par les retombées radioactives, commence à devenir une réalité visualisable par le reste du monde. Chiens abandonnés, vaches qui traversent les routes, jardins et maisons vides. La zone et ses routes parfois effondrées en évoqueraient presque certains récits de science-fiction – la voiture du reporter croise des camions, où les conducteurs sont habillés de vêtements antiradiations et portent des masques. Mais en réalité, c’est le quotidien de la zone évacuée qui commence à prendre corps sous nos yeux.
 Par ailleurs, des cartes des mesures de radioactivité faites par avion (262 heures de vol) et à partir de données au sol (100 000 mesures en tout) qui sont publiées par le ministère de l’énergie américain (DoE), précisent l’évolution de la situation http://www.slideshare.net/energy/radiation-monitoring-data-from-fukushima-area-04072011?from=ss_embed

La vidéo postée sur YouTube le 6 avril 2011 est un reportage de la télévision  japonaise www.videonews.com. Le but du reportage est de vérifier les niveaux de  radiations autour de la centrale nucléaire de Fukushima. Les journalistes se  sont donc infiltrés le 3 avril 2011 dans la zone d’évacuation (30 km autour de  la centrale). Ils étaient équipés de deux dosimètres, dont un compteur Geiger.  Ils filment régulièrement les écrans  des dosimètres pour une lecture directe des taux de radiation.

Autour de  Fukushima, un no man’s land…

La première révélation de cette vidéo choc, ce sont les images de la  dévastation. Les journalistes montrent les dégâts causés par le tremblement de  terre du 11 mars dernier. Aux abords même de la centrale nucléaire de Fukushima,  les routes sont soulevées, des morceaux de terre effondrés… 15 km avant la  centrale, les journalistes ont déjà du mal à progresser, à cause des routes  endommagées. Ils devront laisser leur véhicule et continuer à pied sur les 3  derniers kilomètres.
Dès qu’ils approchent du littoral, ce sont les ravages  du tsunami qui se dévoilent. Plus rien ne s’élève désormais, tout a été broyé.  Les sols sont jonchés de petits bois, de débris consciencieusement hachés, de  voitures balayées… Dans ce désert humain errent quelques rares chiens affamés et  des troupeaux de bovins hagards. Les journalistes, dont le ton badin rompt  étrangement avec la désolation ambiante, s’arrêteront pour les nourrir. On ne  peut s’empêcher de se demander où sont passés les cadavres…

Les niveaux de radiation autour de Fukushima

Mais bien sûr, la grande révélation de cette vidéo, ce sont les taux de  radiation réels autour de Fukushima. Ils montrent que les mesures démarrent à  1,1 µSv/h (microsievert par heure), à 30 km de Fukushima. A 1,8 km de la  centrale nucléaire, on atteint les 112 µSv/h. La vidéo, qui dure 12 mn, montre  aussi que l’augmentation du niveau de radioactivité n’est pas uniforme. En  effet, les radiations peuvent non seulement être arrêtées par certaines  constructions, mais elles suivent aussi le vent et les mouvements de l’eau.  Ainsi, au moment du reportage, la radioactivité était bien plus forte au sud de  la centrale (112 µSv/h à 1,8 km) qu’au nord (1,2 µSv/h à 2,9 km).

Comprendre la radioactivité enregistrée à Fukushima

Pour comprendre ces chiffres, il faut les comparer aux seuils réglementaires,  selon lesquels une population ne doit pas être exposée à une dose supérieure à 1  mSv (millisievert par an). Ce seuil est volontairement très bas. On considère  que les réels problèmes de santé pour un adulte apparaissent à partir de 100  mSv.
Pour comparer les mesures de Fukushima, il faut les convertir en mSv.  Les 1,1 µSv/h mesurés à 30 km de la centrale correspondent à 9,6 mSv. Les 112 µSv/h enregistrés à 1,8 km des réacteurs de Fukushima correspondent à 981 mSv.  Mais attention ! Ce qui compte avant tout, c’est la dose absorbée. Les  journalistes, restés quelques secondes à peine, ne sont pas en danger. Pour  dépasser le seuil des 1 mSv acceptables, ils auraient dû rester presque 9  heures. Par contre, ces mesures confirment bien que la zone est infréquentable.  Le bruit des vagues, en fond sonore, résonne dans le silence…