Comprendre le vent de panique qui souffle sur Fukushima Daiichi

Posted on mars 29, 2011

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A pellet of plutonium-238, glowing under its o...

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29/03/2011

11H30: Les analyses des échantillons de sols prélevés en cinq points les 21 et 22 mars sur le site de la centrale ont révélé la présence de plutonium 238, 239 et 240, a annoncé l’exploitant TEPCO. Les concentrations sont comparables à celles que les essais nucléaires atmosphériques de l’après-guerre ont laissées par déposition dans les sols. Cependant, la composition isotopique d’au moins deux échantillons suggère que le plutonium provient des combustibles utilisés dans la centrale.

La présence d’eau fortement radioactive dans les bâtiments (salles des turbines) des unités 1, 2 et 3, ainsi que dans des tranchées souterraines, rend très difficile le travail sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, les travailleurs étant soumis à de fortes expositions. D’après la chaîne japonaise NHK, les opérations de pompage de l’eau n’avancent plus.

Ce niveau élevé de radioactivité confirme que le combustible des réacteurs de la centrale est très dégradé, en partie fondu, et que les enceintes de confinement en béton ne sont plus étanches. D’énormes quantités d’eau ayant été déversées sur des réacteurs abîmés pour les refroidir, on pouvait s’attendre à une telle situation, explique Jean-Christophe Gariel, de l’IRSN. Cependant la priorité était de refroidir ces cœurs de réacteurs qui, une fois arrêtés, émettent une chaleur résiduelle due aux produits de fission.

Les cuves- qui abritent le cœur du réacteur- tiennent-elles le coup, ou bien le mélange de combustible et de matériaux fondus -une sorte de magma appelé corium a-t-il commencé à percer le fond des cuves ? «On se pose des questions mais nous n’avons pas d’éléments permettant de savoir à quel stade de l’accident nous en sommes exactement, c’est l’incertitude totale», précise Jean-Christophe Gariel. Si le corium passe à travers la cuve, il se trouve en contact avec une couche de béton de plusieurs mètres (il y en aurait 8 m à Fukushima Daiichi sous les cuves). L’arrosage avec de l’eau laisse espérer que la température de ce mélange n’atteindra pas les niveaux requis pour une reprise de la réaction en chaîne, sinon ça serait la catastrophe inévitable.

En termes de rejets atmosphériques, le pire il faut l’espérer serait passé, mais la situation peut changer à tout moment, estime l’IRSN. Cependant la contamination des sols sur le site et de l’eau de mer au large de la centrale est très importante. «Une fois la phase de crise passée, ce qui n’est pas encore le cas, il faudra évaluer les zones contaminées à long terme au Japon» explique Jean-Christophe Gariel. Dans les zones où les dépôts radioactifs contaminent les sols, le plus important pour les populations est d’éviter l’ingestion, ce qui signifie que les légumes qui poussent sur ces sols seront impropres à la consommation, par exemple.