Fukushima – fusion au réacteur n° 3 ! Cette info vient de tomber.

Posted on mars 25, 2011

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Image by haribote via Flickr

TEPCO avoue enfin, (on le savait déjà), que le coeur du réacteur n°3 serait en fusion! C’est on ne peut mieux un scoop de première. Ils ont attendus 10 jours avant de nous donner cette information!
« L’état du réacteur 3 de la centrale de Fukushima est critique. Un responsable de l’opérateur Tepco a déclaré à l’AFP : « Il est possible que la cuve contenant les barres de combustible dans le réacteur soit endommagée ».
Hier, trois d’entre eux chaussés seulement de bottines en caoutchouc ont été sévèrement irradiés par une flaque d’eau très fortement radioactive. Ils intervenaient dans la turbine située derrière le réacteur 3. Deux d’entre eux ont dû être hospitalisés avec des brûlures aux pieds. Depuis le 11 mars, ce sont 17 techniciens qui ont été irradiés au dessus de la limite autorisée. »
Le taux de radiation à cet endroit est 10 000 fois plus élevé que la normale!
– Le pire serait que le coeur du réacteur ait fondu, qu’il ait traversé les fondations et contaminait la nappe phréatique, contaminant ainsi l’eau et les sols.
Comme les fuites radioactives dans l’environnement continuent à Fukushima, sa production totale radioactive peut encore dépasser celle de Tchernobyl. Il y a certainement beaucoup de combustible à Fukushima qu’il n’y a jamais eu à Tchernobyl: 1.760 tonnes de combustible nucléaire contre seulement 180 tonnes de Tchernobyl.
Pour information : Il est bon de savoir que Fukushima possède dix fois le montant de combustible usé et frais par rapport à Tchernobyl. Inutile de préciser que ce nouveau facteur va considérablement aggraver la situation quant aux retombées radioactives.
Peut-on encore faire confiances à TEPCO qui n’arrête pas de travestir la réalité de cette situation ?

En détail

Des matériaux radioactifs seraient rejetés directement dans l’atmosphère par le réacteur 3. Ces fuites expliqueraient les niveaux élevés de radioactivité dont trois travailleurs ont fait les frais jeudi.

Une perte d’étanchéité de l’enceinte du réacteur n°3 de la centrale expliquerait les rejets élevés de radioactivité sur le site. Trois travailleurs en ont fait les frais jeudi 24 mars, alors qu’ils intervenaient dans le bâtiment des turbines jouxtant le réacteur. Le sol du bâtiment était inondé et le débit de dose à la surface de l’eau était de 400 mSv par heure.
Une analyse d’échantillon a révélé une concentration en radionucléides de 3,9 millions de becquerels par cm3, soit un niveau de radiation 10.000 fois plus élevé que la normale pour de l’eau dans une centrale nucléaire en fonctionnement, d’après les explications de l’Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle (NISA).

 

1-Problème d’étanchéité

Une perte d’étanchéité de l’enceinte du réacteur n°3 de la centrale expliquerait les rejets élevés de radioactivité sur le site. Trois travailleurs en ont fait les frais jeudi 24 mars, alors qu’ils intervenaient dans le bâtiment des turbines jouxtant le réacteur. Le sol du bâtiment était inondé et le débit de dose à la surface de l’eau était de 400 mSv par heure. Une analyse d’échantillon a révélé une concentration en radionucléides de 3,9 millions de becquerels par cm3, soit un niveau de radiation 10.000 fois plus élevé que la normale pour de l’eau dans une centrale nucléaire en fonctionnement, d’après les explications de l’Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle (NISA).

Ces trois travailleurs ont reçu des doses importantes d’au moins 170 millisieverts sur la peau de leurs jambes et de leurs pieds. Après une première opération de décontamination (en lavant avec de l’eau), deux ont été transférés à l’hôpital, puis à l’Institut japonais de science radiologique, où ils doivent rester plusieurs jours en observation. Ils pourraient souffrir de
brûlures provoquées par le rayonnement bêta.

 

2-Manque de sécurité

La NISA reproche à l’exploitant Tepco de ne pas avoir pris toutes les mesures de sécurité appropriées pour éviter cet accident, en ne réalisant pas de mesures de radioactivité appropriées et en ne protégeant pas suffisamment les travailleurs (qui appartiennent à une société sous-traitante).
De plus, les trois ouvriers n’auraient pas quitté le bâtiment malgré les alarmes envoyées par leurs appareils de mesure.

Pourquoi l’eau était autant contaminée par les substances radioactives? La réponse se trouve du côté du réacteur 3. C’est bien de là que viendraient les fuites, a indiqué aujourd’hui la NISA. D’après les analyses, les fuites ne viennent pas de la piscine d’entreposage du combustible usagé mais bien du réacteur.

 

3-Combustible en fusion?

Dans quel état exactement se trouve le réacteur n°3? Il a subi une très forte explosion à l’hydrogène le 14 mars. Il a laissé échapper des fumées grises et noirâtres en début de semaine, obligeant à des évacuations temporaires des travailleurs. Il est très probable que l’enceinte de confinement (qui entoure la cuve du réacteur) n’est plus parfaitement étanche.
Le combustible est «partiellement endommagé» explique Thomas Houdré, de la direction des centrales nucléaires à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Endommagé peut vouloir dire en partie fondu, mais l’ASN n’a pas les éléments pour l’affirmer. «Dans le cas de l’accident de la centrale de Three Mile Island [États-Unis, 1979], ce n’est que 6 ans après que
l’on a pu déterminer le niveau de dégradation du combustible
», explique Thomas Houdré.

Si une partie du combustible est fondu, il a pu former un corium, qui tombe au fond de la cuve (lire l’interview du physicien Daniel Heuer). Cette cuve est-elle encore étanche, sachant qu’une partie du cœur est hors d’eau et qu’il est en
partie en fusion? Jusqu’où s’étendent les dégâts? Les informations provenant du Japon ne sont pas très éclairantes sur ce point. «L’exploitant lui-même n’a sans doute pas les moyens, à cause des problèmes d’accès, de l’absence de courant électrique, etc… de faire le diagnostic exact de l’installation», estime Thomas Houdré.

Comment expliquer les fumées importantes de cette semaine? Du côté de l’ASN, on envisage des feux de gaines électriques ou de matériel. Autre piste examinée du côté de l’IRSN, celle d’une interaction entre le corium et le béton de
l’enceinte de confinement, dans l’hypothèse où la cuve du réacteur n’est plus étanche. Reste à savoir si la réaction en chaîne peut être relancée. Les experts français consultés jusqu’à présent sont très sceptiques sur ce point.
D’autres scénarios plus pessimistes sont envisageables (lire les analyses de Dominique Leglu sur son blog)

«La priorité reste au refroidissement des réacteurs, analyse Thomas Houdré. La situation est toujours extrêmement
grave et il faudra des semaines pour la stabiliser, dans le meilleur des cas»
.

 

4-Évacuations volontaires

Le gouvernement japonais envisage d’élargir le périmètre de sécurité. En attendant, consigne a été donné vendredi 25 mars aux résidents vivant entre 20 et 30 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, de se préparer à une « évacuation volontaire ». Jusqu’à présent le périmètre de sécurité est de 20 km (évacuation obligatoire) et entre 20 et 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux. Situation bis-repetita.

Très Important

La couleur de ces émanations est d’autant plus préoccupante que le réacteur n°3 contient du combustible MOX, un mélange hautement toxique d’oxydes de plutonium et d’uranium issu de produits de recyclage.

Si l’hypothèse se confirme, la fumée noire contiendrait alors un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium dont les rejets sont particulièrement nocifs. D’un point de vue qualitatif, la situation serait alors similaire à celle de Tchernobyl.

Les éléments comme l’uranium, le plutonium ou l’americium sont des métaux lourds d’une importante toxicité chimique – notamment le plutonium -, mais aussi d’une des plus grandes dangerosités en termes de radioactivité. On pourrait dire qu’ils sont, pour une même quantité, cent fois plus dangereux que le césium, dont on dit qu’il a contaminé le lait, les épinards et les brocolis dans la région de Fukushima, ainsi que l’eau de Tokyo.

L’uranium, s’il est inhalé ou ingéré sous forme de fines particules, se fixe à l’intérieur du corps. Le plutonium va dans les poumons puis se fixe de préférence dans le squelette ou le foie… Ce qui peut provoquer des dommages considérables, en particulier des cancers. Sans parler des risques pour l’environnement puisque ces éléments peuvent persister très longuement dans la nature.