MOYEN ORIENT – CELA RESSEMBLE DE PLUS EN PLUS À UN BRUIT DE BOTTES

Posted on mars 24, 2011

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English: The building of the International Cri...

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La France juge la révolte arabe « irrépressible », y compris pour l’Arabie saoudite…

Après son engagement militaire en Libye, la France a mis en garde jeudi tous les régimes arabes, y compris l’Arabie Saoudite et la Syrie, sur leur obligation, sauf à se démettre, de conduire des réformes pour répondre à la revendication de liberté de leurs peuples.

Citant le Yémen, la Syrie, Bahreïn et l’Arabie Saoudite, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, lors d’une rencontre avec des journalistes, a estimé que le mouvement de révoltes arabes s’imposera à terme partout.
« Je pense que ce mouvement (sera) irrépressible. Il y aura sans doute des dictatures qui essayeront de se maintenir, elles ne résisteront pas sur la durée. Ce mouvement s’imposera partout avec le temps, et j’espère avec le moins de temps possible », a-t’il déclaré.
« Partout, l’aspiration des peuples à la liberté et à la démocratie doit être respectée, partout la violence doit être bannie. Nous condamnons l’utilisation de cette violence et nous appelons au dialogue où que ce soit, à Bahreïn, au Yémen, en Syrie, je ne vais pas faire la liste des pays dans lesquels cette vague de liberté se soulève. C’est une chance formidable, c’est un événement majeur et historique, il ne faut pas en avoir peur », a-t’il estimé.

Depuis plusieurs jours, la France critique de manière très virulente la Syrie, appelée « renoncer à tout usage excessif de la force » et à engager « sans tarder » des réformes politiques.

Paris avait été à l’initiative pour remettre Damas dans le jeu international après l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 à Beyrouth. Cette ligne diplomatique avait été suivie par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite.
Interrogé pour savoir si l’exemple de la Libye avait valeur d’avertissement pour d’autres dictateurs dans le monde, Alain Juppé a répondu par l’affirmative: « Ce sera un signal ». « Le métier de dictateur est désormais devenu un métier à hauts risques », a-t’il répété, en référence à la possibilité désormais ouverte de saisir la Cour pénale internationale (CPI).
Interrogé sur l’Arabie Saoudite, Alain Juppé a répondu que son analyse s’appliquait « à tous les pays de la région » du Moyen-Orient. « Il faudra bien que tous les pays se rendent comptent qu’aujourd’hui les aspirations populaires doivent être prises en compte. C’est une région très difficile, il faut aussi tenir compte des spécificités de chaque pays, des problèmes de communautés, la relation entre sunnites et chiites est un élément fondamental », a-t’il dit.
Dans ce pays, le roi Abdallah, 86 ans, a décidé d’un programme d’aides sociales sans précédent, incluant des dépenses de près de 100 milliards de dollars qui viennent s’ajouter à 36 milliards déjà annoncés en février.
Mais plusieurs représentants de la société civile ont considéré que le riche royaume pétrolier devait s’engager vers l’élection d’un Parlement, l’octroi de libertés publiques et une indépendance de la justice.
« On dit toujours que c’est le pétrole qui commande tout. Ce n’est pas vrai, cette idée simpliste qu’on fait tout ça pour le pétrole », a enfin assuré le ministre français des Affaires étrangères.
« Pour avoir du pétrole régulier et bon marché, le mieux aurait été de ne rien changer en Libye. Ce n’est pas le pétrole qui nous pousse dans tout cela. A Bahreïn ce n’est pas le pétrole qui est en jeu, c’est la relation entre sunnites et chiites », a-t’il fait valoir.