Japon : Mercredi 23 mars – Quand la peur nucléaire règne sur le monde !

Posted on mars 23, 2011

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The Fukushima 1 NPP

Image via Wikipedia

Radioactivité: l’eau polluée à Tokyo, la peur gagne le reste du monde

Mercredi 23 mars 2011, 15h16
Les 13 millions d’habitants de Tokyo ont reçu pour consigne mercredi de ne plus utiliser pour les bébés l’eau du robinet, polluée par la radioactivité de la centrale de Fukushima qui suscite des craintes de contamination alimentaire au Japon et désormais au-delà.
Douze jours après le séisme et le tsunami dans le nord-est du pays, qui ont fait plus de 24.000 morts et disparus dont 9.452 décès confirmés, les autorités nippones ne parvenaient toujours pas à écarter le danger nucléaire.
Une nouvelle fumée noire inquiétante car inexpliquée s’échappait mercredi en fin de journée du bâtiment abritant le réacteur 3 de la centrale accidentée, imposant l’évacuation d’une partie du personnel, a annoncé l’opérateur du site, Tokyo Electric Power (Tepco).
Ces nouveaux rejets à l’air libre, montrés par la télévision nationale, ont encore aggravé les peurs de contamination de la chaîne alimentaire.
Tokyo a indiqué avoir découvert dans son réseau d’eau des niveaux d’iode radioactif deux fois supérieurs à la norme autorisée pour les nourrissons.

Une deuxième ville, Hitachiota, située dans la préfecture d’Ibaraki, au nord de la capitale, a également déconseillé l’eau du robinet pour les bébés, a annoncé mercredi soir la télévision.
Le gouvernement a interdit mercredi la commercialisation de produits frais susceptibles d’être pollués par des rayonnements ionisants.
Dans la préfecture de Fukushima, où se trouve la centrale, un niveau anormal de radioactivité a été retrouvé dans du lait cru et onze sortes de légumes, ainsi que dans du lait cru et des légumes de trois autres préfectures voisines.
Le Premier ministre japonais, Naoto Kan, a ordonné mercredi l’interdiction de la consommation et de la vente des produits provenant de ces zones, notamment les épinards, les brocolis, les choux et les choux-fleurs.
« Même si ces aliments sont consommés de façon ponctuelle, il n’y a pas de risque pour la santé », a toutefois affirmé le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano. « Malheureusement, cette situation risque de durer longtemps, c’est pourquoi nous demandons leur interdiction dès maintenant ».
Les tests sur les produits alimentaires vont par ailleurs être étendus à six autres préfectures autour de Fukushima, dont certaines sont aux portes de la mégapole de Tokyo et de ses 35 millions d’habitants.
Mardi, le ministère de la Santé a également intensifié les contrôles sur les poissons et mollusques pêchés le long des côtes, après la détection de radioactivité dans l’eau de mer près de la centrale.

L’angoisse perceptible chez les consommateurs nippons, très sourcilleux sur la sécurité alimentaire, s’est propagée à l’étranger, où plusieurs pays ont décidé de renforcer les contrôles ou de bloquer purement et simplement les importations de produits alimentaires japonais.
Les Etats-Unis ont interdit l’entrée sur leur territoire du lait, des produits laitiers, des légumes frais et des fruits en provenance de quatre préfectures, dont Fukushima.
En Europe, la France a demandé à la Commission européenne d’imposer un « contrôle systématique » sur les importations de produits frais japonais aux frontières de l’Union européenne.
Paris a déjà décidé d’inspecter unilatéralement les coquillages et poissons en provenance du Japon.
Hong Kong a aussi imposé mercredi des restrictions sur les importations nippones.
Ailleurs en Asie, les produits alimentaires de l’archipel commencent à être délaissés par les consommateurs, qui se font également plus rares dans les restaurants nippons de plusieurs métropoles de la région, de Séoul à Manille en passant par Hong Kong.

Vingt-cinq ambassades au total, dont celles de l’Allemagne, de la Suisse et de la Finlande, ont fermé temporairement leurs portes à Tokyo, a annoncé mercredi le ministre japonais des Affaires étrangères, Takeaki Matsumoto.
Dans le nord-est, les sauveteurs ont commencé le travail pénible d’inhumation de centaines de corps après leur identification par les familles, sans pouvoir les incinérer faute de carburant.
Le gouvernement japonais a estimé que le coût du séisme pourrait dépasser l’équivalent de 25.000 milliards de yens (200 milliards d’euros) pour la troisième puissance économique mondiale, sans compter l’impact sur l’activité des entreprises.