Nuage radioactif : ce qu’il faut savoir en cas d’irradiation

Posted on mars 22, 2011

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Greater Tokyo Area is the world's most populou...

Image via Wikipedia

Risques et précautions à prendre

Pour le moment, d’après un communiqué de l’Autorité de Sûreté Nucléaire diffusé ce matin, « la radioactivité relevée par les balises de mesure à Tokyo reste faible et ne nécessite pas d’action particulière de protection des populations. » Mais si vous avez décidé de rester dans le nord du Japon, à Tokyo notamment et dans la région du Kanto, voici ce que vous devez savoir si un nuage radioactif irradie et contamine la région sérieusement dans les prochains jours. Le point sur les risques pour la santé et les conseils pour diminuer l’exposition aux radiations.

Les risques pour la santé

Les risques pour la santé dépendent de l’intensité et de la durée de l’exposition. Ainsi, une exposition courte mais forte peut provoquer les mêmes effets sur la santé qu’une exposition longue mais à faible dose.
La dose reçue s’exprime en grays. Les effets sur l’organisme sont, eux, indiqués en sieverts, plus généralement en mS (millisieverts). A noter que la radioactivité est un phénomène naturel qui existe par ailleurs dans la nature : nous absorbons en moyenne chaque année une dose de 2,4 mS (ce sont des rayonnements ionisants naturels). Une dose maximale de 20 mS/an peut être reçue par les travailleurs dans les centrales nucléaires. Pour comparaison, les personnes ayant travaillé sur le site de Tchernobyl auraient reçu une dose de 5 000 mS.
Voici à titre indicatif, les risques pour la santé en fonction des doses reçues :
– en dessous de 20 mS : rien ne laisse penser que cette dose a des effets néfastes sur la santé ;
– autour 100 mS : l’exposition aux radiations est estimée comme étant moyenne. Cependant, les risques sur la santé sont certains : risque de cancer (thyroïde, poumon, peau…) ou encore de leucémie ;
– exposition fortes (3-4 sieverts) : les signes d’atteinte sont immédiats (nausées, vomissements, diarrhées, brûlures…). Une irradiation à de telles doses est bien souvent mortelle.

Deux modes de contamination sont possibles :

– une irradiation extérieure par les particules contenues dans l’air ;
– une contamination interne par inhalation des particules radioactives mais aussi par ingestion ou absorption de produits contaminés par le nuage radioactif, à savoir des légumes ou des fruits.

Les précautions à prendre

• Rester chez soi

Fermez les portes et les fenêtres.
Stoppez tout système d’aération.

• Se décontaminer pour réduire l’irradiation extérieure

– Si vous sortez ou que vous étiez dehors au moment de l’incident, déshabillez-vous lorsque vous rentrez chez vous et mettez vos vêtements dans une poche plastique : cela évitera la contamination de votre intérieur.
– Prenez une douche et lavez-vous les cheveux.
– Enfilez des vêtements propres.

• Prendre des mesures alimentaires

Les aliments frais peuvent être exposés aux radiations. Pour réduire les risques de contamination par ingestion, évitez la consommation de produits frais (légumes, fruits, lait, eau du robinet en fonction des informations des autorités). Préférez des produits surgelés ou en conserve ainsi que des produits secs.

• Absorber des comprimés d’iode stable

Comme on vous le disait l’autre jour, l’ambassade de France au Japon a distribué des pastilles d’iode aux expatriés à titre préventif. La prise de comprimés d’iode stable permet de se prémunir des effets néfastes de l’iode radioactif qui peut être libéré au moment d’un incident nucléaire (iode-131).
Ces cachets d’iode permettent de saturer la thyroïde en iode stable pour éviter qu’elle ne fixe l’iode radioactif, évitant ainsi les risques de cancer de la thyroïde. En revanche, ces comprimés ne protègent pas des effets des radiations d’autres particules tel que le césium.

La prise de ces comprimés diode est indiquée pour les enfants et les femmes enceintes. Elle doit être effectuée dès que possible après l’incident mais uniquement sur recommandation expresse des autorités.
Sources : IRSN, ASN, SFEN