Le nuage radioactif est actuellement au-dessus des Antilles.

Posted on mars 21, 2011

0



Le nuage, survole les Antilles et doit arriver en France mercredi, est-il réellement dangereux ? Éléments de réponse à prendre au conditionnel…
Le panache radioactif tout droit venu de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon est attendu en France mercredi ou au plus tard jeudi. Il doit survoler aujourd’hui les Antilles et est déjà passé au-dessus des Etats-Unis. Quinze ans après Tchernobyl et son fameux nuage qui s’était arrêté aux frontières hexagonales, le spectre du nuage radioactif refait surface. Mais faut-il craindre celui en provenance du japon ?
Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, il n’y a pas de crainte à avoir. « Les concentrations seront sans conséquence sanitaire et environnementale », affirme l’IRSN dans un communiqué. « Les concentrations attendues à terme, d’après cette modélisation, pourraient être de l’ordre de 0,001 becquerel de césium 137 par mètre cube d’air en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer de l’hémisphère nord. »
0,001 becquerel de césium par mètre cube d’air, c’est 1.000 à 10.000 fois moins que les concentrations enregistrées en 1986 dans l’est de la France lors de la catastrophe de Tchernobyl (1 à 10 Bq/m3 à l’époque). Des concentrations bien en-deçà donc, mais néanmoins au-dessus de la moyenne en France, qui est, selon l’IRSN, de 0,000001 Bq/m3. Si le passage du nuage pourrait donc multiplier la concentration par mille de manière temporaire, l’IRSN se veut particulièrement rassurante en indiquant qu’elle ne prévoit aucune alerte sanitaire à cette occasion.
Nul besoin de pastilles d’iode (qui ne sont de toute façon pas vendue en pharmacie sans consigne spécifique de l’Etat français) ni de rester calfeutré chez soi mercredi et jeudi. « Il n’y a aucune conséquence possible en terme de santé », a affirmé pour sa part André-Claude Lacoste, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire. Un trajet en avion, une radiographie, une radio dentaire, un scanner, du tourisme dans certaines zones du Brésil, de l’Inde ou de la Bolivie sont autant d’occasions d’être exposé à des concentrations radioactives bien plus importantes.


Le jour J, l’IRSN utilisera deux réseaux pour mesurer les effets du passage de ce panache radioactif au-dessus de notre territoire. Son réseau d’alerte baptisé Téléray surveille en continu le rayonnement gamma ambiant de l’air (19 millions de mesures par an) et pourra alerter les autorités françaises en cas d’élévation inhabituelle du débit de dose ambiant. L’institut dispose également d’un réseau de prélèvements des poussières radioactives dans l’air (44 stations en France).
Ces deux réseaux seront particulièrement mobilisés cette semaine afin de « déceler d’éventuelles traces de radionucléides artificielles dans les poussières atmosphériques », précise l’IRSN dans un communiqué. Dans un souci de transparence, tous les résultats seront publiés sur le site Internet de l’Institut.
Quand on se rappelle il y a quelques décennies auparavant, bon nombre de spécialistes atomistes affirmaient au nom de l’ignorance qu’avec de simples mesures de protection (NBC) tout militaire pouvait être épargné des radiations derrière un talus de terre… Combien d’inepties de cet ordre avons nous entendu. Ces mêmes spécialistes aujourd’hui avancent avec suffisance la même rhétorique destinée à calmer les esprits. On peut se poser à juste titre des questions sur la véracité de ces allégations quand on connait les risques encourus et les retombées radioactives même minimes soit-elles dues aux dépressions atmosphériques inévitables. On peut constater que la science n’est pas du domaine exact. Les scientifiques ne maitrisent rien dans ce registre. C’est un peu comme jouer à l’apprenti sorcier avec une triplette de neutrons et de protons dans un champ d’électrons libres.