Japon: nucléaire – quand Tepco maquillait ses rapports

Posted on mars 21, 2011

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All monitoring systems tripped after the earth...

Image via Wikipedia

Quelques jours avant l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, son opérateur, Tepco, avait reconnu le maquillage des rapports de contrôle de ses installations.
Tandis que le Japon se bat contre une catastrophe nucléaire, la polémique enfle sur le maquillage d’un rapport de Tepco. Quelques jours avant l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, son opérateur, Tokyo Electric Power (Tepco), avait reconnu le maquillage des rapports de contrôle de ses installations, apprend-on lundi 21 mars. Dans un rapport remis le 28 février à l’agence nippone de sûreté nucléaire, Tepco fait savoir qu’il n’a pas contrôlé 33 éléments des 6 réacteurs de Fukushima-Daiichi comme il devait pourtant le faire.
Parmi ces éléments n’ayant pas été inspectés comme prévu figurent notamment un moteur et un générateur électrique d’appoint pour le réacteur n°1, précise Tepco dans un rapport disponible sur son site internet.
Rupture de l’approvisionnement électrique
La rupture de l’approvisionnement électrique de la centrale en raison de la double catastrophe naturelle est à l’origine de la crise actuelle à Fukushima. Sans électricité, les systèmes de refroidissement des cœurs des réacteurs et des piscines contenant les barres de combustible ne fonctionnent plus, ce qui menace de provoquer des rejets massifs d’éléments radioactifs.
Après la réception de ce rapport, l’agence japonaise de sûreté nucléaire a donné à Tepco jusqu’au 2 juin pour proposer un programme de contrôles sur la centrale, construite dans les années 1970.
Dans sa réponse datée du 2 mars et disponible sur son site internet, l’agence de régulation juge que la non-réalisation des contrôles prévus ne pose aucun risque immédiat en termes de sécurité.
L’agence de régulation a été critiquée pour ses liens avec l’industrie qu’elle est censée contrôler. Interrogé lundi, Hidehiko Nishiyama, directeur général adjoint de l’agence, a assuré ne pas être au courant de cette correspondance avec Tepco au sujet des contrôles manqués.
Des précédents
La qualité de la distribution d’électricité assurée par Tepco est généralement admise, les coupures d’électricité étant quasi-inexistantes à Tokyo qu’il dessert. Mais l’image de la compagnie a déjà souffert dans le passé de scandales retentissants.
Pour avoir déjà maquillé des rapports en 2002, Tepco avait dû stopper temporairement pour inspection ses 17 réacteurs nucléaires à eau bouillante (BWR), dont ceux des centrales de Fukushima.
Cette affaire avait forcé le P-DG et son bras-droit de l’époque à démissionner.
En 2007, après un séisme dans la région de Niigata (côte de la Mer du Japon), Tepco avait dû mettre à l’arrêt sa plus grande centrale nucléaire, Kashiwazaki-Kariwa, qui compte 7 réacteurs. Il a été reconnu ensuite que les fuites radioactives sur cet immense site avaient été plus importantes que Tepco ne l’avait initialement reconnu.
Dans la situation présente, les différends perceptibles entre Tepco et les autorités ne facilitent pas non plus la transparence des informations ni le travail des techniciens qui prennent des risques sur place pour stopper l’escalade.
(Selon les sources Challenge).