Japon : Un malaise palpable qui inquiète au fil des heures

Posted on mars 18, 2011

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Ces départs et cette fluctuation des consignes de sécurité décontenancent la population japonaise. Tout en faisant globalement confiance à leurs autorités dans la crise, de plus en plus de gens se demandent ouvertement pourquoi les étrangers quittent avec tant d’empressement les mégapoles qu’on leur présente comme « saines ». Le malaise est particulièrement palpable dans certaines entreprises occidentales où le management étranger a été « exfiltré » dans l’urgence sur ordre des hiérarchies, quand les collaborateurs nippons étaient, eux, laissés dans l’Archipel, livrés à eux-mêmes.

Si ces multiples initiatives et le courage des ingénieurs sont unanimement salués au Japon et à l’étranger, ils peinent à rassurer les opinions publiques de la planète, qui redoutent toujours une catastrophe d’ampleur majeure. Après avoir longtemps appelé leurs ressortissants à garder leur calme, plusieurs ambassades occidentales ont recommandé, hier soir, un éloignement des zones à risque et parfois même un repli, loin au sud de Tokyo, qui est pourtant situé à 270 kilomètres de la centrale en difficulté. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Australie ont ainsi conseillé à leurs ressortissants de quitter la capitale. La France, la Belgique et la Russie ont affrété des avions supplémentaires afin d’évacuer les familles souhaitant quitter le pays. Les Etats-Unis ont eux-mêmes conseillé à leurs ressortissants d’évacuer une zone dans un rayon de 80 kilomètres -et non pas 20 comme l’a ordonné Tokyo -en raison de taux de radiations « extrêmement élevés ».
Comment un pays comme le Japon, un pays à la pointe de la technologie se trouve totalement démuni jusqu’à appliquer avec des moyens de fortune les mesures pour faire face à cette catastrophe ? C’est il faut l’avouer assez déconcertant. Pourquoi ce pays qui est contre l’arme nucléaire a-t’il pu installer des centrales nucléaires alors que sa situation géographique et géologique il se trouve sur un emplacement à risque sismique ? Ce sont deux questions majeures que l’on peut se poser aujourd’hui.
Six jours après le début de sa bataille contre la catastrophe nucléaire, le Japon a multiplié hier les opérations de la dernière chance pour tenter de reprendre un contrôle partiel de la centrale de Fukushima, où six réacteurs restent dans un état critique. Risquant leur vie sur le site, où sont enregistrés des taux de radioactivité très élevés, les 180 employés de l’électricien Tepco ont focalisé, ces dernières heures, leurs efforts sur les réacteurs n° 3 et n° 4, qui montrent les signes de réchauffement les plus inquiétants et pourraient bouleverser la suite des événements. « Si les taux de rejets radioactifs s’emballent dans ces unités, il deviendra humainement impossible d’organiser d’autres opérations de refroidissement dans la centrale et le site pourrait être abandonné », explique un expert français.
Pour éviter ce scénario catastrophe, dont les conséquences restent difficiles à évaluer, les autorités ont orchestré, hier, le largage d’eau de mer, par hélicoptères, sur le haut de la tranche 3, où sont entreposés dans des bassins de refroidissement, probablement asséchés, des crayons de combustible usagé.