Japon : Que risquent les personnes exposées ?

Posted on mars 16, 2011

0



Map of Fukushima Prefecture.
Image via Wikipedia

Quelles sont les mesures qui permettent d’évaluer la radioactivité ? A partir de quelle quantité de radiations les risques pour la santé apparaissent-ils ?

Il existe plusieurs manières de mesurer la radioactivité, les plus usitées sont le Curie (Ci) et le Becquerel (Bq) qui définissent comme le nombre de désintégrations radioactives par seconde au sein d’une certaine quantité de matière. Ces deux unités ne permettent pas d’évaluer correctement le risque de ces rayonnements pour cela on utilise des mesures de doses que sont le Gray (Gy) qui correspond à a dose d’énergie absorbée par un milieu homogène d’une masse d’un kilogramme lorsqu’il est exposé à un rayonnement ionisant apportant une énergie d’un joule. Et le Sievert (Sv) qui correspond à l’énergie reçue par unité de masse, corrigée d’un facteur de pondération du rayonnement qui prend en compte la dangerosité relative du rayonnement considéré. C’est le Sievert qui permet d’apprécier les effets potentiels des rayonnements sur l’organisme et la santé humaine.
Quels effets au-delà ?
ʺL’exposition à des quantités importantes de radiation expose à des effets déterministes, immédiats, et à des effets probabilistes à plus long terme comme les mutations ou les cancersʺ précise la chercheuse.

DOSE EFFET RADIATION

1mSv Taux annuel admis pour la population
20mSv Taux annuel admis pour les professionnels
400mSv Apparition des premiers troubles
1Sv Nausées,vomissements risque de stérilité
2/4 Sv Hémorragies,troubles neurologiques
5Sv Dose létale. 50% de décès

Tableau récapitulatif des effets doses dépendants

A plus long terme l’exposition aux radiations peut entrainer des cancers et des mutations génétiques. Les effets dépendent grandement du mode de contamination. Le plus dangereux étant l’inhalation ou l’ingestion de particules radioactives. ʺ Deux élément sont particulièrement impliqués l’iode 131 et le césium 137 qui entrainent principalement des cancers de la thyroïde surtout chez les enfants. C’est d’ailleurs pour cela que l’on distribue des pastilles d’iode ʺ pour saturer la thyroïde afin qu’elle ne puisse pas assimiler ces éléments radioactifs.

Quels risques après les accidents au Japon ?

Il faut d’abord souligner la difficulté d’avoir des informations fiables au niveau du niveau de radioactivité à proximité de la centrale de Fukushima. Juste après l’explosion du bâtiment abritant le premier réacteur les autorités faisait état d’un niveau de radiation de l’ordre de 1 à 1,5 mSv par heure. Soit l’équivalent de la dose admise pour la population en un an reçu en une heure. ʺ Mais ce n’est pas encore inquiétant car même une exposition de 48 heure équivaut à l’exposition autorisée pour un an pour les professionnels. De plus le taux diminue très rapidement ʺ tempère Elsa Merle-Lucotte. De plus les mesures prises : éloignement des populations, port de masques respiratoire et procédure de décontamination sont de nature à diminuer les effets liés aux radiations.
Malheureusement les informations qui nous parviennent aujourd’hui (mardi 15/11 à 15h00) sont tout autres. Avec l’explosion du réacteur n°2 et la probable rupture de l’enceinte de confinement, on observe selon l’AIEA des doses s’élevant jusqu’à 400 millisieverts/h, localisées entre le réacteur 2 et 3. De plus, dans la nuit le niveau mesuré entre minuit et six heures (heure du Japon) a dépassé 11 mSv/h. Il est donc bien trop tôt pour avoir une vue réellement objective de la situation et de ses possibles évolutions.