TOUT N’EST PAS ROSE à Buenos Aires

Posted on janvier 26, 2011

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Éditorial

C’est… la Xénophobie sur un air de ʺtangoʺ.

Dans le quartier pauvre Villa Soldati au sud de Buenos Aires, des airs de camp de réfugiés sont aménagées : des tentes de fortune, des toilettes chimiques installées à la va vite sur un sol boueux se détachent au-dessus des herbes folles.

La tension restait palpable dans ce climat délétère, après cinq jours d’affrontements sanglants entre sans-abris et riverains armés qui firent au moins trois morts mais aussi des dizaines de blessés.

La dernière tentative des autorités municipales de déloger les familles par la force s’est soldé par un fiasco après une intervention brutale de la police fédérale.

Les choses ont ensuite empiré quand des groupes armés d’habitants du quartier sont passés à l’attaque, mettant le feu aux abris précaires de bric et de broc et pourchassant leurs occupants.

Malgré les mouvements de panique et les scènes de chasse à l’homme, au milieu de pneus et de bâches en plastique en flammes, aucune force de l’ordre n’était intervenue, laissant ce champ de bataille se transformer en ʺ no man’s land ʺ.

Même les rares ambulances qui venaient chercher les blessés se faisaient ʺ tirer dessus ʺ,

Au mépris de la constitution argentine elle-même, qui stipule et s’adresse à ʺ tous
les citoyens du monde qui souhaitent habiter le sol argentin ʺ.

Le sort des SDF, souvent originaires de Bolivie, du Paraguay et du Pérou, qui pensaient pouvoir recevoir un titre de propriété en occupant une parcelle de ce gigantesque parc de 130 hectares, est loin d’être réglé. Car pour la mairie, le parc reste ʺ un espace public, non négociable ʺ.

Mises sur la sellette, les autorités de la ville de Buenos Aires ainsi que le gouvernement de Cristina Kirchner sont accusés d’avoir laissé pourrir la situation.

Selon le CNRS argentin, celui-ci déclare ʺ il n’y a ni explosion, ni dérapage de l’immigration. L’Argentine compte environ 1,5 millions d’immigrés, soit le même niveau qu’en 1991 ʺ.

La situation est surtout la conséquence, d’une incompétence notoire à maitriser « des problèmes de gestion de la ville ». Sachant que seule une petite partie (18%) du budget destiné à la construction de nouveaux logements a été dépensée en 2010.

C’est aussi un refus d’engagement de la part des autorités concernées pour résoudre ce dossier épineux qui semble pourrir la situation au cœur de ce quartier, jusqu’à développer un sentiment Xénophobe au sein de la population.

Ce désengagement des autorités face à une démographie galopante semble particulièrement  frappant dans la majorité des pays d’Amérique latine, avec cependant un léger mieux au Brésil depuis l’ère LULA.

François-Mary Bourreau

Sources d’informations Blog de Pauline Damour du Nouvel Obs.