ALERTE AUX REQUINS dans l’estuaire de l’Aulne, du « Finistère », en Bretagne.

Posted on juillet 27, 2011

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Si, si, vous avez bien lu.
Vous pensiez que les mots « requin » et « Bretagne » ne pouvaient pas être associés ? Erreur…
Aussi incroyable que cela puisse paraitre, ce n’est pas un rêve ni une plaisanterie. Il s’agit bien de « REQUIN kill« .

J’avais déjà travaillé dans cette zone et un ornithologue m’avait raconté que des requins remontaient le fleuve pour se reproduire. Je trouvais cela assez incroyable et m’étais dit qu’en dépit de la turbidité de l’eau à cet endroit-là – en raison de forts courants – ce sera très intéressant à photographier. Il fallait donc que je trouve un pêcheur adepte de ces requins.

Coup de chance peu de temps après, lors d’un voyage en Galice, en Espagne : je rencontre un pêcheur – français – qui m’explique que son fils pêche en kayak avec des amis dans le Finistère. Je lui demande si, à tout hasard, il connaît les requins émissoles tachetés. Bonne pioche, c’est ce que pêche son fils ! De retour en Bretagne, j’ai retrouvé la trace d’un de ses amis.

Une pêche « kill or not kill ».

J’ai suivi Martin pendant trois jours, en kayak. Pêcher un requin n’est pas chose aisée, même s’il y en a plusieurs centaines à cet endroit-là en cette période de l’année, c’est-à-dire de mai à août – puisqu’après ils retournent dans la mer. L’animal se nourrit au fond de l’eau, principalement de crabes. Il faut donc descendre une ligne avec un appât, qui est parfois mangé sans que le requin ne se pique sur l’hameçon.

Mais lorsque Martin en avait ferré un, je me mettais à l’eau pour n’être qu’à quelques dizaines de centimètres lors de sa remontée à la surface.

Le requin le plus grand que j’ai vu mesurait 1m60, mais il faut savoir que tous sont inoffensifs. Surtout pas de psychose au requin tueur en Bretagne ! Les émissoles tachetés n’attaquent pas les hommes, ils ne se nourrissent que de petites proies. De toutes façons, il y a très peu de baigneurs dans cette zone, qui n’est pas franchement agréable pour cette activité.

L’autre élément qui me paraît important est que Martin et ses amis pratiquent le « no kill« , c’est-à-dire qu’ils relâchent leur proie après l’avoir pêchée, en ayant pris soin de ne pas la blesser. L’animal repart juste un peu essoufflé.

En fait, on est assez loin de l’image traditionnelle de la pêche. Celle-ci se pratique en kayak, elle est très technique, très dynamique. Martin et ses amis représentent la jeune génération de pêcheurs, et c’est cela aussi qui m’a plu dans ce projet.

Dorénavant, vous pourrez affirmer à vos amis qu’il existe bien des requins dans les eaux fluviales du Finistère…

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